Général Moussa Traoré, ancien chef de l’Etat : « La France ne pourra pas faire ce qu’elle veut à Kidal »

La France, selon le général Moussa Traoré, ancien chef de l’Etat, ne pourra pas faire ce qu’elle veut à Kidal.

Dans cette vidéo de 4 minutes 16 secondes postée sur le site du journal en ligne « Mondafrique », l’ancien chef de l’Etat se prononce sur l’intervention française au Mali. A la différence de la vidéo précédente, le général de corps d’armée évoque cette question sur un ton grave, avec la mine souvent serrée. « Quand la France est intervenue au Mali, c’est en ce moment-là que j’ai dit, mais qu’est devenu le Mali ? », s’exprime le chef de la junte militaire qui a renversé le 19 novembre 1968 le Président Modibo Kéïta. Moussa Traoré se souvient d’une intervention sur la chaîne française France 24 au début de l’Opération Serval dans laquelle un français se demandait « qu’est devenue la grande armée malienne ?». « C’est un Français qui le dit. Ce n’est pas moi », lance-t-il. Selon lui, il y avait une grande armée malienne. Moussa Traoré pose deux questions sur la déchéance de cette grande armée : le matériel était devenu obsolète ? Ou bien le matériel a été vendu ?

Pour lui, la France a joué un grand rôle en intervenant pour chasser les narcotrafiquants, les djihadistes. Toutefois, il déclare ne pas comprendre la volonté d’empêcher les troupes maliennes d’entrer à Kidal. « …Libérer les trois quarts, les 73% du territoire malien et empêcher les troupes maliennes d’aller à Kidal, cela est troublant », déplore-t-il avant de marquer un silence. Il rappelle que le Mnla n’était pas à Kidal, qui était occupé par Ansardine d’Iyad Ag Agaly. « Chasser Iyad d’accord, mais empêcher l’armée malienne d’aller à Kidal et installer le Mnla à Kidal, cela donne à réfléchir à tous les Maliens. Surtout lorsque le ministre français de la défense dans une interview déclarait : les Touaregs sont nos amis…..Et le reste des Maliens ? Ce sont les ennemis de la France ? C’est inquiétant, c’est inquiétant», fait savoir Moussa Traoré dont le régime a signé l’accord de Tamassaset en 1990.

L’ONU, l’UA et la CEDEAO contre la partition du Mali, selon Moussa Traoré

Moussa Traoré semble être persuadé que l’ancienne puissance coloniale ne peut pas imposer une solution de partition au Mali. « De toutes les façons et de tout ce qui se passe aujourd’hui, il sera difficile pour la France d’imposer au Mali quelque solution de partition du territoire national que ce soit…Les Nations Unies sont d’accord avec nous…L’Union Africaine est d’accord avec nous. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est d’accord avec nous. La France fera ce qu’elle fera, je dis, elle ne pourra pas faire ce qu’elle veut à Kidal. Ce n’est pas possible, elle ne pourra le faire qu’en accord avec le Mali », a-t-il laissé entendre.

Dans cette vidéo, l’ex-dictateur se confie : « Je vais vous livrer une confidence, le 11 janvier 2013, après l’intervention française, j’ai dit à ma deuxième fille, l’épouse de Cheick Modibo Diarra, que les gens sont heureux parce que le territoire est libéré mais il y a un prix à payer ». À l’en croire, il faut que ce prix se paie dans l’honneur et la dignité.

Sur un ton pessimiste, il appelle l’ensemble du peuple malien à comprendre cela : « Il faut que les Maliens le sachent et le comprennent, sans cela ça va être grave pour le Mali ».


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