Menacée par la Médiation internationale : La CMA s’étonne et dresse un tableau sombre sur l’état de mise en œuvre de l’accord

Les responsables de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) étaient face à la presse, hier lundi 29 mai, à la Maison de la presse. La rencontre visait à échanger sur la dernière sortie de la Médiation internationale qui a menacé de suspendre les indemnités des représentants de la CMA au sein du Comité de Suivi de l’Accord. Ce, au cas où les ex-rebelles continuent à occuper les locaux du camp I de Kidal retenu pour abriter le siège du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) chargé de prendre en charge les patrouilles mixtes. Les ex-rebelles ont également dressé un tableau sombre de l’état de mise en œuvre de l’accord qui, selon eux, a enregistré un grand retard.

Apparemment, la dernière sortie de la Médiation internationale par la voix du président du CSA, n’a pas été du goût des ex-rebelles. Ainsi, pour apporter des éclaircissements sur cette situation, trois responsables de la CMA ont convié les hommes de média à la Maison de la presse. Il s’agit de Almou Ag Mohamed, coordinateur adjoint de la CNDDR pour le compte de la CMA, Ilad Ag Mohamed, porte-parole des ex-rebelles et Mohamed Ould Mahmoud, membre de la cellule de communication de la CMA. Devant les journalistes, ils ont affirmé ne pas comprendre les menaces du président du CSA. D’autant plus qu’elles sont intervenues au moment où une délégation composée du Président de la Commission Nationale du Désarmement, de la Démobilisation et de la Réinsertion (CNDDR) et son homologue en charge de l’Intégration, le Général Gabriel Poudiougou, était à Kidal pour discuter des contours du cantonnement des combattants issus des rangs des ex-rebelles. Aussi, un accord avait été trouvé pour que la CMA continue d’occuper une partie du bâtiment en attendant que la MINUSMA termine les travaux de réhabilitation sur une autre partie.

 

Crainte d’une infiltration terroriste

Pour les conférenciers, la CMA est disposée à libérer le camp I mais pas avant que les mesures soient prises pour renforcer la sécurité de la ville. C’est ainsi qu’ils ont indiqué que ce camp se situe dans une zone névralgique et que son abandon sans le démarrage des patrouilles mixtes peut exposer la ville de Kidal à toute sorte de menace, y compris une infiltration des terroristes. Selon eux, tout doit être fait pour éviter le carnage subi par le camp du MOC de Gao, lors de l’attentat-suicide du 18 janvier dernier, qui a causé la mort des dizaines d’éléments de l’armée malienne et des mouvements armés.

Par ailleurs, ils estiment que le camp I de Kidal est loin d’être le mieux placé pour abriter le siège du MOC. Raison pour laquelle ils ont suggéré les camps de la garde et de la gendarmerie de Kidal qui sont toujours des bâtiments à l’abandon et dont les travaux de réhabilitation ne devraient prendre ue quelques jours.

S’agissant de la mise en œuvre des autres dispositions de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, les conférenciers ont dressé un tableau peu reluisant. C’est ainsi qu’ils ont souligné le manque de moyens auquel font face les autorités intérimaires qui ne leur permet pas de mener à bien les missions qui leur ont été confiées. Telles le rétablissement des services sociaux de base, la préparation du redéploiement de l’Administration, le retour de l’armée reconstituée, etc. Ils ont déploré la lenteur dans la nomination de l’observateur indépendant prévu par l’article 63 de l’accord. Lequel a pour prérogative « d’évaluer de manière objective l’état de mise en œuvre du présent Accord ». 

Ils ont également fustigé leur exclusion la révision constitutionnelle en cours alors que cela était préconisé par l’esprit et la lettre de l’accord.

 

La CMA dans de bonnes dispositions

Sur le plan de la justice, ils ont indiqué qu’une commission indépendante devait voir le jour depuis les événements de mai 2014 pour faire la lumière sur toutes les exactions commises au Nord et situer les responsabilités. A ce jour, rien n’a encore été fait. S’agissant de la situation humanitaire, les conférenciers ont indiqué que plus d’une centaine de Maliens sont toujours réfugiés dans les pays voisins. Et qu’aucun plan humanitaire concerté n’a été validé pour leur permettre de rentrer sereinement au bercail. De même qu’ils ont déploré la timidité des actions menées jusqu’ici malgré la grande sécheresse qui sévit dans plusieurs régions du Nord du pays décimant le bétail et causant des malnutritions aigües chez les enfants en particulier. Ainsi, cette rencontre visait à montrer que les ex-rebelles sont dans de bonnes dispositions pour mettre en œuvre l’accord. Reste à savoir si elle suffira à convaincre certains partenaires qui commencent à hausser le ton contre la CMA.


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