Français Le Collectif des Maliens de la Région Rhône-Alpes (CMRA) est une association loi 1901 née suite à la crise du Mali caractérisée par l’occupation des régions Nord du pays par des rebelles séparatistes et des islamistes. Le CMRA œuvre pour la paix, l’intégrité territoriale et le développement du Mali. Elle a pour objet, la contribution à la résolution des grands problèmes du Mali, la promotion de l’éducation, de la santé et de la culture. Le Collectif des Maliens de la Région Rhône-Alpes CMRA entend initier des projets de développement et de solidarité à l'intention des régions occupées du Nord du Mali. Méthode ou moyens d'intervention: actions d’information et de communication (conférences, meetings, séminaires…), projets de développement sur l’éducation, la santé, la culture... English The Collectif des Maliens de la Région Rhône-Alpes -CMRA (meaning the Joint Malians in Rhône-Alpes Region) is a 1901 law based association created after the Malian crisis featured by the occupation of northern regions of Mali by separatist rebels and Islamists. The CMRA promotes peace, territorial integrity and development of Mali. Its objective is to contribute to solving major problems of Mali, to promote education, health and culture. The Joint Malians in the Rhône-Alpes Region intends to initiate development projects and solidarity for settled areas of northern Mali. Method or means of intervention: information and communication (conferences, meetings, seminars ...), development projects on education, health, culture... جمعية الماليين في رون ألبجمعية الماليين في رون ألب أنشئت جمعية الماليين في رون ألب ( (CMRA بقانون 1901 بعد الأزمة التي قامت في مالي وباحتلال المناطق الشمالية للبلاد من خلال المتمردين الانفصاليين والإسلاميين. تسعى جمعية CMRA لتعزيز السلام، وسلامة الأراضي المحتلة، وترسيخ مشروعات التنمية في مالي. هدف الجمعية : المساهمة في حل المشاكل الرئيسية في مالي، وترويج الصحة، والتعليم والثقافة في الدولة. أهم طرق أو وسائل جمعية CMRA لتعبير أفكارها هي :عملية إيصال المعلومات وبثها عبر القنوات التقليدية (كتنظيم المؤتمرات والاجتماعات والندوات غير ذلك)، وإقامة مشاريع التنمية حول التعليم والصحة والثقافة ...

Mali: 17 soldats tués dans une attaque revendiquée par deux groupes armés

Dix-sept soldats maliens ont péri mardi dans l'attaque de leur base au centre du Mali, le gouvernement dénonçant une opération "terroriste coordonnée", revendiquée par deux groupes armés, un peul et un jihadiste.

Le gouvernement a commencé par faire état de "12 morts, une trentaine de blessés" militaires dans cette attaque lancée tôt mardi matin à Nampala, ville de la région de Ségou à plus de 510 km de Bamako, la capitale.

Depuis cette annonce, "le bilan a évolué: nous avons perdu 17 hommes et déplorons 35 blessés qui ont tous été acheminés vers des unités de soin dans la région de Ségou", a annoncé dans la soirée le ministre Tièman Hubert Coulibaly sur la télévision publique.

"Nous ferons en sorte que cette attaque terroriste coordonnée qui s'est portée sur nos positions à Nampala fasse l'objet d'une réponse appropriée", a assuré M. Coulibaly.

"Un groupe a émis une revendication. Nous sommes prudents. Nous essayons d'établir un lien entre la façon d'agir" des assaillants de Nampala et les modes opératoires "des différents groupes terroristes qui opèrent dans cette partie du Mali", a expliqué le ministre de la Défense.

Quelques heures auparavant, l'attaque avait été revendiquée auprès de l'AFP par un responsable de l'"Alliance nationale pour la sauvegarde de l'identité peule et la restauration de la justice (ANSIPRJ)", mouvement armé dont la création a été annoncée en juin, selon ses responsables, après des violences contre des Peuls.

Ce groupe, qui s'est alors défendu d'être jihadistes ou indépendantiste, a annoncé un bilan de huit soldats tués et onze blessés, décomptant dans ses rangs trois blessés.

Des sources de sécurité dans la région ont cependant exprimé à l'AFP des doutes sur l'authenticité de cette revendication. L'une d'elles a précisé que le groupe armé peul n'avait "pas la logistique d'envergure pour mener seul une opération de cette nature".

- Deux revendications pour une attaque -

Tard mardi soir, une nouvelle revendication a été émise par le groupe jihadiste malien Ansar-Dine dans un communiqué diffusé par SITE, le centre américain de surveillance de sites jihadistes.

Dans ce texte, Ansar Dine - fondé par l'ex-rebelle touareg malien Iyad Ag Ghaly - a affirmé avoir mené une "très grande attaque" contre la caserne de Nampala, tuant des "dizaines de soldats". Les assaillants sont membres du "bataillon du Macina", Macina étant l'appellation traditionnelle d'une partie du centre du Mali.

Selon le ministre de la Défense, mardi soir, les forces maliennes tenaient Nampala et procédaient à des opérations pour retrouver les assaillants.

Ansar Dine fait partie des groupes jihadistes ayant contrôlé pendant près de dix mois - de mars-avril 2012 à janvier 2013 - les régions du nord du Mali. Ils se sont installées dans ces vastes zones à la faveur d'une déroute de l'armée malienne face à une rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à eux et qu'ils ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement, et implique la force de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma).

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix entre le camp gouvernemental et l'ex-rébellion, censé isoler définitivement les jihadistes.

Longtemps concentrées dans le Nord, les attaques jihadistes se sont étendues à partir de 2015 vers le Centre, puis vers le Sud.

Certaines de ces opérations ont été revendiquées par ou attribuées au Front de libération du Macina (FLM), apparu début 2015 et dirigé par un prédicateur radical malien Amadou Koufa, un Peul. Ce dernier recrute essentiellement dans la communauté peule, selon des spécialistes. Il est allié à Ansar Dine.

L'Union européenne (UE), disposant au Mali d'une mission qui entraîne l'armée de ce pays, a dénoncé mardi soir une attaque "inacceptable".

Elle "s'ajoute à la longue liste d'actes de violence ciblés contre des forces nationales et internationales chargées de sécuriser le Mali et de faciliter la mise en oeuvre de l'accord de Paix, est inacceptable", ses auteurs "doivent être tenus responsables devant la justice", a-t-elle dit.


Le site des Villes anciennes de Djenné (Mali) ajouté à la Liste du patrimoine mondial en péril

© UNESCO/F. BandarinVilles anciennes de Djenné (Mali)

Istanbul, 13 juillet – Le Comité du patrimoine mondial réuni depuis le 10 juillet à Istanbul (Turquie) a inscrit les Villes anciennes de Djenné (Mali) sur la Liste du patrimoine mondial en péril du fait de l'insécurité dans la région qui ne permet pas la mise en œuvre des mesures de protection du bien.

Le Comité a exprimé sa préoccupation concernant ce bien situé dans une région affectée par l'insécurité. Ce contexte ne permet pas de lutter contre les menaces qui affectent le site notamment la détérioration des matériaux dans la ville historique, la pression urbaine et l'érosion des sites archéologiques. Le Comité a également lancé un appel à la communauté internationale pour soutenir le Mali dans ses efforts visant à assurer la protection du site.

Habité depuis 250 av. J.-C., le site des Villes anciennes de Djenné s'est développé pour devenir un marché et une ville importante pour le commerce transsaharien de l'or. Aux XVe et XVIe siècles, la ville a été un foyer de diffusion de l'islam. Ses maisons traditionnelles, dont près de 2 000 ont été préservées, sont bâties sur des petites collines toguere et adaptées aux inondations saisonnières.

Le site a été inscrit en 1988 sur la Liste du patrimoine mondial.

La Liste du patrimoine mondial en péril est conçue pour informer la communauté internationale des conditions menaçant les caractéristiques mêmes qui ont permis l'inscription d'un bien sur la Liste du patrimoine mondial et pour encourager des mesures correctives.

La 40e session du Comité du patrimoine mondial se poursuivra jusqu’au 20 juillet sous la présidence de Lale Ülker, Ambassadeur, Directrice générale des affaires culturelles et de la promotion à l'étranger au ministère turc des affaires étrangères.


La France, la santé mondiale et la lutte internationale contre le sida

L’ouverture lundi 18 juillet à Durban, en Afrique du Sud de la 21econférence sur le sida (AIDS 2016) donne l’occasion de réfléchir sur la place qu’a occupée la France dans ce chantier mondial. Paris en effet a joué un rôle certain dans la définition et le lancement de la stratégie internationale de lutte contre le sida, et cette lutte est devenue sa principale contribution à la santé mondiale.

Elle l’a fait grâce à la détermination et au professionnalisme du groupe de pression constitué par les associations de malades, et par une stratégie rapidement internationale : création d’associations de malades dans les pays africains, mobilisation de ces associations pour faire pression sur les gouvernements de ces pays, de sorte que ces derniers adoptent la position française aux Nations-Unies. Vingt ans après, il était temps de faire le bilan. Le Lancet en offrait l’occasion, puisqu’il consacrait en mai une série à « la France et la santé globale ». Cette occasion a-t-elle été saisie ?

Le numéro spécial du Lancet comporte deux gros articles, l’un sur le système de santé français, l’autre sur l’aide internationale de la France en matière de santé. C’est ce dernier article qui nous intéresse ici. Il est complété par diverses contributions inattendues qui éclairent le contexte : l’une du Président de la République, François Hollande, une autre de Richard Lane, qui dresse un portrait de Jean-Paul Moatti, PDG de l’IRD. Pour évaluer cet ensemble, on tentera de répondre à cinq questions.

Un modèle vraiment innovant ?

Est-il vrai que les institutions originales créées en marge de l’OMS sont « un modèle unique et innovant de partenariat dans le financement du développement international, donnant voix aux agents de terrain, à la société civile, et au secteur privé à côté des gouvernements donateurs et bénéficiaires » (Lancet 387, 28 mai 2016, p.2257) ?

En réalité, le secteur privé n’apporte au Fonds mondial que 3,5 % de ses ressources, et le seul partenaire privé qui contribue significativement est la BMGF (fondation Bill et Melinda Gates). Cela lui vaut un poste au conseil du Fonds (sur 20 membres disposant du droit de vote : en outre, les professionnels de la lutte contre le sida sont représentés par un ancien de la BMGF).

Dans ce conseil, les États donateurs ont huit voix, les États bénéficiaires en ont sept, le secteur privé en a un, les ONG du Nord un, les ONG du sud un, les Fondations un, et les associations de malades un aussi. La société civile dans le langage du Fonds mondial, ce sont les ONG qui mettent en œuvre la lutte contre le sida. Personne ne représente donc la société civile dans son ensemble : on est en présence d’un groupe de pression, celui de la lutte contre le vih/sida, pas d’une instance capable de faire la place du sida dans une stratégie internationale de lutte pour la santé. Le fait que l’OMS ait un siège dans le groupe des huit membres privés de droit de vote est significatif.

Si ce modèle innove, c’est dans la structuration qu’il offre à un groupe de pression focalisé sur une seule maladie. Cette organisation officielle a permis de satisfaire les associations, mais elle est aujourd’hui le principal obstacle à l’adaptation des priorités en matière de santé mondiale : les difficultés que rencontre la France à remplir ses engagements en faveur de la santé maternelle et infantile le montrent clairement.

Est-il exact qu’on s’est attaqué avec succès à une injustice planétaire ?

L’article du Lancet rappelle le rôle qu’ont joué le Président Chirac, son ministre Bernard Kouchner et les déclarations tonitruantes de ce dernier. Oui, mais en 2013, presque vingt ans après ces grandes envolées, et dernière année pour laquelle des chiffres sur ce point ont été publiés, en Afrique au Sud du Sahara, où se trouvent en ordre de grandeur les deux tiers des personnes vivant avec le vih, la moitié de ces personnes n’ont jamais été testées, et les deux tiers des éligibles ne sont pas traités. La course au nombre de malades traités continue – on parle aujourd’hui de 17 millions de malades en traitement – comme si l’objectif n’avait jamais été de parvenir à contrôler l’épidémie, mais seulement de mettre des malades sous traitement sans s’alarmer de voir croître encore leur nombre.

En outre, ni les pays qui bénéficient de l’aide internationale pour lutter contre le sida ni leurs partenaires du Nord n’évaluent rigoureusement les résultats sur le terrain au regard des critères cliniques, du calendrier et des modalités du traitement, et cette négligence ne peut être que la source d’abus de la part de ceux qui disposent d’influence dans leur société, la source d’une utilisation sous-optimale des ressources, et aussi la source de violations courantes des principes éthiques auxquels on se réfère pourtant volontiers ; car tout gaspillage de ressources rares est contraire à l’éthique.

Et la prévention a été si bien négligée qu’elle est un échec plat, reconnu par tous ; c’est que la préservation des droits individuels des malades, dans le contexte du Nord, et plus précisément des malades issus des minorités particulièrement exposées, a primé et prime encore sur l’adoption de mesures préventives qui auraient pu être efficaces.

Comment l’article du Lancet peut-il éviter de rappeler ces faits essentiels et de s’interroger sur cette stratégie dont il revendique l’inspiration française ? Il ne fait visiblement que se conformer aux conclusions de certains rapports officiels français où on lit que la stratégie internationale a respecté « nos valeurs, nos principes et nos priorités « géographiques et politiques ». Quelles valeurs ? quels principes ?

Est-il vrai que la lutte contre le sida a eu des effets bénéfiques sur tout le système de santé ?

En particulier sur la santé maternelle et infantile comme le prétend le ministère des Affaires étrangères puisque la France a pris des engagements internationaux dans ce domaine aussi ? Fallait-il passer complètement sous silence cette question pourtant très sensible dans les pays du Sud ? Le Fonds mondial a soutenu des études vantant la contribution des programmes de lutte contre le sida à l’amélioration de la qualité des services de santé, ce qui est indéniable si on se limite au seul sida.

Certains auteurs ont pourtant adopté depuis des années une perspective plus large. Et l’article du Lancet ne devait-il pas s’inquiéter par exemple du travail de Case et Paxton montrant, par l’exploitation des enquêtes DHS (Demographic and Health Survey), une relation inverse entre le développement des programmes de lutte contre le vih/sida et celui des activités de protection maternelle et infantile ? Devait-il passer sous silence l’article de Lee et Platas, qui, prenant la mortalité néo-natale comme indicateur de la qualité des services de santé, montrent qu’elle a diminué plus lentement dans les pays où PEPFAR (President’s Emergency Plan for AIDS Relief : le programme américain de lutte contre le vih/sida) est intervenu que dans les autres ? Pourquoi ignore-t-il l’article de Lordan et alii où il est montré qu’un accroissement de 1 % du financement alloué au vih/sida entraine une réduction de 11 % du financement de la lutte contre le paludisme ?

En outre, la lutte internationale contre le sida, limitée au traitement des malades, ne se préoccupe pourtant pas de la question du médicament. Alors que 40 % des financements du Fonds mondial servent à acheter des médicaments, cette institution s’est montrée parfaitement silencieuse pendant les négociations TRIPS (aspects commerciaux des droits de propriété intellectuelle.

Quant à l’Union Européenne, où la France prétend jouer un rôle moteur, et dont elle finance 19 % du budget, elle s’est toujours alignée dans ces négociations sur les positions américaines, qui défendent l’industrie pharmaceutique, et elle s’est même illustrée par des saisies de médicaments génériques à destination de pays en voie de développement.

Quelles ont été les véritables motivations et justifications de cette stratégie ?

« Chirac et Kouchner ont été les premiers hommes politiques éminents sur la planète à déclarer que l’abîme d’inégalité entre le Nord et le Sud dans ce domaine était politiquement et moralement inacceptable » (Lancet 387, 28 mai 2016, p.2257). Qui peut être assez naïf pour croire qu’on réduit l’injustice en ne s’attaquant qu’à une maladie ? Qui pouvait ne pas voir que la façon dont la lutte était engagée créait des inégalités monstrueuses dans les pays bénéficiaires ? Qu’il ait pu y avoir, au contraire, un bénéfice politique à entreprendre la lutte, voilà qui est évident.

L’appui français à la stratégie internationale commune a permis, c’est un fait, d’engager une lutte efficace contre la maladie : le nombre des malades en Europe et en Amérique du Nord était probablement trop étroit pour justifier les investissements qui allaient s’imposer, alors que la prise en considération des malades du Sud modifiait totalement la perspective. Cet appui a été décidé sous l’empire de l’émotion, une caractéristique de l’action des ONG, qui s’en servent pour mobiliser l’opinion, les États et les donateurs.

Mais les véritables motivations sont révélées par les faits : le financement international a conduit la « communauté internationale » à partager avec les États-Unis le coût de la recherche et du développement, et à créer des lignes de produits bénéficiant d’un marché mondial et de financements tout à fait exceptionnels pour une industrie pharmaceutique essentiellement américaine.

Quant aux résultats, en tous cas de 1996 jusqu’en 2008, ils sont tels que 7,2 millions d’années de vie ont été sauvées en Europe et en Amérique du Nord, et 2,3 seulement au sud du Sahara, où se trouvent les deux tiers des malades. L’injustice est patente.

Si les promoteurs de cette stratégie se contentent d’une allusion purement rhétorique à une éthique trop sommaire pour être d’un grand secours, les économistes qui les soutiennent se révèlent totalement ignorants dans ce domaine. Il est fait allusion, dans le portrait de Jean-Paul Moatti, aux concours qu’il a recherchés, pour défendre la diffusion des ARV dans les pays pauvres, auprès d’économistes mondialement célèbres. On y trouve, sans le moindre commentaire inspiré de quelque préoccupation éthique que ce soit, cette idée simple que les préférences de la société ont été influencées par les informations qui lui ont été fournies à propos du sida, et qu’il en est résulté, « que ce soit bien ou mal », une volonté de payer plus pour lutter contre cette maladie que pour s’attaquer à d’autres.

L’économiste couvre donc de son autorité l’inégalité de traitement entre malades, sans se préoccuper ni des conditions pratiques dans lesquelles a été prise la décision, ni de l’acceptabilité de cette décision au regard de l’éthique. D’autres solutions tout aussi surprenantes sont présentées dans la même publication, lorsque K.J. Arrow propose que la responsabilité des malades soit mise en cause, soit en leur faisant supporter le coût du traitement, soit en les mettant en quarantaine.. Richard Lane, rédacteur de ce portrait, a-t-il vraiment raison de rappeler ces tristes errements ?

De quel soutien cette stratégie bénéficie-t-elle dans l’opinion ?

Que la stratégie considérée soit en réalité celle d’un groupe de pression est confirmé par la façon dont les décisions la concernant sont prises. Sous la pression des associations, elles sont le fait d’un cercle étroit de ministres et conseillers autour de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy, puis de François Hollande. L’émotion a été créée dans la presse, elle a été et elle est entretenue, et le pouvoir y cède. La stratégie qui en résulte fait vivre les associations et les ONG, elle les renforce.

Le Président de la République montre d’ailleurs qu’il satisfait aux demandes d’un groupe de pression en annonçant lui-même le maintien de l’engagement de la France à l’égard du Fonds mondial (à hauteur de 1,08 milliard d’euros pour les années 2014-2016) devant un petit comitécomposé de Mme Barré-Sanoussi, prix Nobel de médecine, M. Pierre Bergé, protecteur des associations, le professeur Jean-François Delfraissy (directeur général de l’ANRS), Bruno Spire (président d’Aides), et Emmanuel Trenado (secrétaire permanent de Coalition Plus).

Ce n’est pas une stratégie d’État, et a fortiori ce ne peut pas être une stratégie multilatérale. Car, des États et de la « communauté internationale » on devrait attendre toute autre chose : un arbitrage entre les demandes et ambitions incompatibles des divers groupes de la population, que ces ambitions soient portées ou pas par des groupes de pression. La santé des mères et des jeunes enfants n’est pas défendue par un groupe de pression, pas plus que ne l’est l’éducation, pour s’en tenir à ces deux seuls exemples. Qui leur donnera leur juste part des moyens dont dispose la collectivité, si ce n’est pas l’État ou une instance multilatérale ?

Ce domaine réservé des présidents implique d’ailleurs que soient méprisés les avis de beaucoup de techniciens et de représentants de la population. On ne compte plusles rapports, les évaluations, les débats parlementaires qui mettent en doute le bien-fondé du choix de privilégier cette stratégie multilatérale de lutte contre le vih/sida et de faire tant d’efforts pour conserver un rôle dans sa mise en œuvre que les autres engagements solennels de la France sont de plus en plus difficiles à tenir.

Quelles stratégies… et quelles tactiques ?

Nous sommes entrés avec les french doctors dans l’ère de l’émotion comme seul guide de l’action médicale internationale : on ne peut que le regretter. La stratégie de lutte contre le vih/sida est une stratégie humanitaire, une stratégie d’ONG : on fait le bien qu’on peut, là où on peut. Les Etats, et a fortiori la « communauté internationale », devraient avoir une stratégie fondée sur des bases beaucoup plus solides.

Il fut un temps où notre pays se signalait par les valeurs qu’il défendait ; on pourrait souhaiter aujourd’hui qu’il défende la justice avec une conviction enthousiaste et militante, et avec toute la technicité que cela imposerait. Technicité, car la définition et la mise en œuvre de la justice exigeraient des progrès considérables de la réflexion éthique médicale, en même temps que la collecte et le traitement de données objectives sur les performances sociales des systèmes de santé.

L’idée avancée dans le Lancet (p.2259) que les questions de sécurité ou d’environnement exigeraient une extension du domaine de l’humanitaire est indéfendable ; ces questions ne peuvent être que de la compétence d’autorités capables d’arbitrer entre les intérêts concurrents et inconciliables des parties. En outre, l’idée de persévérer dans le multilatéralisme (p. 2259-2260) mettrait aujourd’hui la France en opposition avec les États-Unis, où l’USAID est engagée, depuis 2010, à renforcer la part des « solutions locales », c’est-à-dire des partenariats directs avec les gouvernements locaux, la société civile et le secteur privé, pour favoriser l’appropriation.

Devant tant d’idées trop courtes, on en vient à se demander quel était l’objectif de ce numéro spécial du Lancet, qui échoue si lamentablement à donner de la stratégie française une vue convaincante, et laisse plutôt l’impression que ce pays a besoin de se hausser du col pour tenir encore un petit rang diplomatique dans le concert des Nations. Le contexte fournit sans doute quelques éléments d’explication : la publication intervient un peu plus d’un an après la nomination du PDG de l’IRD, une nomination qui a mobilisé les plus hautes autorités de l’État, et quelques mois avant l’élection d’un nouveau directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, élection à laquelle un Français est candidat.

Mais pourquoi donc le Lancet, qu’on croyait publication scientifique sérieuse, qu’on disait prestigieuse, à comité de lecture, s’est-il donc prêté à une si évidente opération de pure communication ? Quelle déception !

Josep Brunet-Jailly

http://theconversation.com/la-france-la-sante-mondiale-et-la-lutte-internationale-contre-le-sida-62308

 


Communiqué du CMRA suite à l’attentat du 14 juillet à Nice

Le Collectif des Maliens de la Région Rhône-Alpes (CMRA) a suivi avec tristesse l’évènement tragique, survenu le 14 juillet 2016 à Nice, qui a fait plus de 80 morts et des centaines de blessés. Nous sommes solidaires du peuple français pour traverser ces moments difficiles, et nous nous joignons à eux dans la lutte contre une idéologie barbare et sanguinaire. Nous condoléances les plus sincères et attristées aux familles endeuillées et nos pensées pour les blessés....


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Communiqué du CMRA suite à l’évènement tragique du 12 juillet à Gao

Le Collectif des Maliens de la Région Rhône-Alpes, CMRA, condamne la montée de violence dans la ville de Gao qui a causé quatre morts et plus d’une trentaine de blessés le 12 juillet, suite à la manifestation des groupes de jeunes pour protester contre la mise en place des autorités intérimaires. Nous présentons nos condoléances les plus attristées aux familles endeuillées et souhaitons un prompt rétablissement aux blessés. Nous demandons aux autorités d'ouvrir une enquê...


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